- Seconde rétrospective pour le Défilé fleuri 1955 avec des photos inédites
Le voyage continue
Dans les années 50, de l’appareil et de la pellicule au développement, le coût de la photographie était élevé. Pourtant, c’est de cette époque qu’il reste le plus grand nombre de clichés. Découvrir dans une petite boîte métallique oubliée un film enroulé de plusieurs dizaines de photos ne peut pas manquer d’intérêt : un concentré d’Histoire ! Dérouler un film serré sur lui-même depuis tant de temps, le scanner et le numériser dans son intégralité, photo par photo, exige patience et doigté.
Il est probable que les actrices et acteurs de la fête qui ont pris la pose devant le photographe au cours du défilé fleuri de Saumur 1955 n’ont jamais vu ces photos, encore moins le public présent sur le pont Cessart, place de la Bilange, rue d’Orléans, place de l’Arche Dorée, principaux lieux ou furent prises ces photos. C’est ainsi qu’il est aussi possible de parcourir aussi Saumur en ce temps-là et d’y reconnaître, par exemple, l’Usine à gaz sur le quai qui en porte encore une partie du nom.
Sous le signe de la jeunesse
Tout au long des trottoirs, ce qui attire l’attention c’est d’abord la jeunesse du public. Alors que nous vivons en 2023 des temps de dénatalité, en 1955, les enfants (qui sont devenus les retraités d’aujourd’hui) sont nombreux, tant dans les groupes qui défilent que parmi les spectatrices et les spectateurs. On y voit même une fillette courageuse et attentive dont un œil est bandé.
Une fresque festive
Quelle que soit l’opinion qu’il est permis d’exprimer sur les choix effectués en 1955 pour illustrer le thème imposé par le Comité des fêtes, c’est passionnément qu’il convient de parcourir cette fresque photographique du défilé fleuri de Saumur en 1955, même si celle-ci se limite au noir et blanc.
Cette nouvelle rétrospective a le mérite de présenter davantage de musiques et groupes que la précédente. Pour revoir les chars de cette année-là en couleur, il suffit de se reporter à la précédente édition de l’année 1955.
LIEN -> 1955 Saumur Le défilé fleuri voyage en Outre-Mer. A (Édition de juillet 2021)
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LES SCOOTERS DE LA CARAVANE PUBLICITAIRE / LE RÉVEIL SAUMUROIS





LA TERREUR DE LA JUNGLE
Léopold Sedar Senghor, écrivain poète, homme d’État, secrétaire d’État à la présidence du Conseil dans le gouvernement d’Edgar Faure du 1er mars 1955 au 1er février 1956, linguiste à l’École nationale de la France d’outre-mer jusqu’en 1960, donne de l’Afrique un tout autre visage, tout en faisant l’éloge de la « négritude ».
Quant à Aimé Césaire, il précise : « La négritude est la simple reconnaissance du fait d’être noir, et l’acceptation de ce fait, de notre destin de Noir, de notre histoire et de notre culture. »
La jungle, c’est plutôt le tigre, et le lion la savane. Ce lion plutôt joyeux, qui vient de bondir, retombe sur ses pattes avant et, de ses yeux vifs, fixe l’espace devant lui. Il ouvre le défilé qui sera ponctué par d’autres images de safaris, comme si la chasse était inhérente à l’exotisme.
Le char est accompagné d’anthropophages, c’est du moins ce que précise le programme, une vision pourtant dépassée et réductrice de l’Afrique en 1955, mais qui fait toujours sourire, que ce soit dans un carnaval, dans les bandes dessinées ou au cinéma. Et les anthropophages reviendront à Saumur en 1959.




HABITATIONS SUR LES BORDS DU LAC TCHAD
Entre la Lybie au nord, le Cameroun au sud, le Niger et le Nigéria à l’ouest, Le Tchad constitue un vaste pays entre l’Afrique du Nord et l’Afrique subsaharienne. Sa capitale est N’Djaména. À partir de 1920, Le Tchad appartient à l’Afrique équatoriale française (AEF). C’est le premier pays d’Afrique à rejoindre la France Libre dès 1940, sous l’impulsion de son gouverneur Félix Éboué.
Si le lac Tchad a perdu beaucoup de sa surface depuis le milieu du 20e siècle, la ville de Békamba, au sud du Tchad, n’est plus le village de tentes et de cases qu’illustre le char du quartier Nantilly. C’est aussi une ville avec des bâtiments contemporains.
Étranges crocodiles sur ce char ! Les jeunes reines du quartier n’en auront même pas peur…





LA TERRE ADÉLIE
Voyage en Antarctique vers l’une des plus lointaines terres françaises. La Terre Adélie fut découverte en 1840 par l’explorateur français Jules Dumont d’Urville, à bord de l’Astrolabe. Il nomma cette terre « Adélie » en hommage à sa femme portant le prénom d’Adèle. Mais celle-ci décèdera deux ans plus tard.
Les manchots Empereur, les manchots Adélie et les manchots à jugulaire se partagent ce vaste territoire avec d’autres oiseaux tels que les skuas et les pétrels.
Avec des moyens très simples, mais de grandes longueurs de tissu blanc, les costumières du quartier quai Mayaud ont recréé tout un groupe de manchots apprécié du public. Tiens ! Leur bec fait penser aux masques portés au cours de ces sinistres années 2020 et 2021.





LA CHASSE AU CAMBODGE
La Sanaga prend sa source dans la région de l’Adamaoua au Cameroun. Ce fleuve parcourt 918 kilomètres avant d’atteindre l’océan atlantique. Son bassin versant s’étend sur le quart du pays. Deux sites de chutes sont remarquables dont celui de Nachtigal (nom d’un explorateur du Cameroun en 1884)
Il existe des chutes plus impressionnantes au Cameroun, par exemple les chutes d’Ekom sur le fleuve Nkam.
Sous tutelle de la France depuis 1919, puis de la France et la Grande-Bretagne après 1945, le Cameroun obtient l’indépendance en octobre 1961.
Un travail considérable des habitants de Bagneux a permis de reconstituer des masques de sorciers africains, « Backamba », selon le programme. Mais les Kamba sont plutôt installés en Angola et au Congo. Il en a fallu du maquillage pour grimer tous ces petits et grands noirs dont les tenues traditionnelles font oublier que le Cameroun est un pays déjà tourné vers la modernité en 1955.
Le char de Bagneux est constitué de deux parties emboitées judicieusement l’une dans l’autre tout en leur permettant de pivoter. Des fleurs blanches en grand nombre, représentent l’écume des chutes sur lesquelles s’aventure une pirogue. Là aussi, des crocodiles verts menacent les aventuriers.






LA MARTINIQUE
Sur une tortue antillaise à la tête quelque peu agressive, la table est mise pour une agréable collation fruitée : ananas, banane, mangue et rhum pour parfumer le tout…
Gennes présente un char aux formes épanouies qui invite à passer un bon moment de dégustation sous le soleil des Caraïbes.
Ici, les feuilles de bananier font oublier les nombreux feuillages de palmiers ou cocotiers dressés sur d’autres chars.




CHUTES DE LA SANAGA AU CAMEROUN
La Sanaga prend sa source dans la région de l’Adamaoua au Cameroun. Ce fleuve parcourt 918 kilomètres avant d’atteindre l’océan atlantique. Son bassin versant s’étend sur le quart du pays. Deux sites de chutes sont remarquables dont celui de Nachtigal (nom d’un explorateur du Cameroun en 1884)
Il existe d’autres chutes au Cameroun, telles que les chutes d’Ekom sur le fleuve Nkam.
Sous tutelle de la France depuis 1919, puis de la France et la Grande-Bretagne après 1945, le Cameroun obtient l’indépendance en octobre 1961.
Un travail considérable des habitants de Bagneux a permis de reconstituer des masques de sorciers africains, « Backamba », selon le programme. Mais les Kamba sont plutôt installés en Angola et au Congo. Il en a fallu du maquillage pour grimer tous ces petits et grands noirs dont les tenues traditionnelles font oublier que le Cameroun est un pays déjà tourné vers la modernité en 1955.
Le char de Bagneux est constitué de deux parties emboitées judicieusement l’une dans l’autre tout en leur permettant de pivoter. Des fleurs blanches en grand nombre, représentent l’écume des chutes sur lesquelles s’aventure une pirogue. Là aussi, des crocodiles verts menacent les aventuriers.





TAHITI VUE PAR GAUGUIN
Le 4 avril 1891, à 43 ans, Paul Gauguin s’embarque pour l’Océanie. À Tahiti, son regard sur la Polynésie lui permet d’exprimer une abondance de sensations nouvelles qu’il traduit dans sa peinture aux couleurs vives.
De Cholet, voici la musique de la Jeune France. Ces charmants princes viennent tout juste de quitter Blanche-Neige de la 38e Mi-Carême de Cholet du 20 mars 1955. S’offrir un voyage à Tahiti, quelle aubaine !
Un groupe de Tahitiennes bien de chez nous précède le char. Il leur manque vraiment le sourire à ces vahinés saumuroises !
Sur le char, entre deux wakas, embarcations traditionnelles, apparaît le peintre en plein travail. Malheureusement, les photos surexposées ne permettent pas d’apprécier la composition fleurie qui évoque la peinture de Paul Gauguin.





PORTES ET JARDINS DE MARRAKECH
Le 6 novembre 1955, le gouvernement français admet le principe de l’indépendance du Maroc. le 15 février 1956, début des négociations et abrogation du traité de Fès de 1912 établissant le protectorat français. Le 2 mars 1956, le Maroc et la France annoncent officiellement l’indépendance du Maroc. Un mois plus tard, l’Espagne et le Maroc déclarent l’indépendance du nord du pays.
Les quartiers Gare – Croix-Verte nous conduisent d’abord parmi les souks de Marrakech à la rencontre des marchands. Le char resplendit de soleil. Il est constitué de deux parties. Le décor du char, difficile à apprécier compte tenu de la surexposition de nombreuses photos, s’inspire de l’une des portes de la ville et du minaret de la mosquée Koutoubia dans la Médina, la partie la plus ancienne de la ville. Le jardin reconstitué sur le char n’est visible que des étages et des balcons.





UN TEMPLE KHMER
Au même titre que les monuments et pyramides au Mexique, les temples d’Angkor au Cambodge sont fascinants par leur esthétique et leur grandeur. Les ruines de ces temples de l’Empire khmer (9e au 15e siècle) se situent dans les forêts au nord du Tonlé Sap, à proximité de la ville de Siem Reap. L’art khmer est inspiré des édifices religieux hindouistes de l’Inde.
Sur le char du quartier des Ponts, lui aussi composé de deux parties, le temple n’est figuré que par des soubassements en degrés. Le regard des spectateurs se porte vers la reine du quartier qui incarne la déesse Shiva dans une ornementation du 12e siècle.
Le char est accompagné par la musique de Villebernier. Si celle-ci n’a pas revêtu de costumes de circonstance, elle accompagnera les réalisations du quartier des Ponts jusqu’en 2018 et saura plus tard se mettre dans le thème.




DÉPART DE CARAVANE
Voici donc une visite parmi le peuple des Berbères, un peuple réparti sur plusieurs pays, de l’Algérie à la Tunisie en passant par la Lybie. Depuis l’Antiquité, il revendique avec fierté son indépendance culturelle.
Sortant de la ville, deux dromadaires se présentent dont l’un est déjà prêt pour affronter le désert du Sahara.
Mais quelle est la porte, en Algérie, qui a inspiré les constructeurs du char ?
Trois quartiers illustrent l’Afrique du Nord. C’est dire l’importance qu’elle représente pour les Français au milieu des années 50. De surcroît, les trois chars présentent une porte monumentale traditionnelle : « Portes et jardins de Marrakech » (Gare-Croix-Verte), « Départ de caravane dans le sud algérien » (Centre-ville), « la Porte de Bab-bou-Djeloud à Fez » (Violettes Robert-Amy).







FEZ
Retour au Maroc pour entrer dans la ville de Fez par la Porte Bleue, Bab bou Djeloud à Fez (dans l’orthographe du programme 1955).
Les costumes ont fait l’objet de recherches tant dans la qualité des tissus que des couleurs.
Sur ce char, lui aussi en deux parties, cette porte paraît l’unique élément en élévation. Très discrètement, le minaret qui se trouve à l’arrière dans l’axe de la porte n’a pas été oublié. Ses constructeurs ont voulu le représenter non pas dans sa réelle dimension mais celle qu’il semble avoir dans la perspective. La règle qui prévaut dans la réalisation habituelle des chars de placer en fond de décor la partie la plus haute est ici réinterprétée puisque la porte monumentale se trouve au milieu du char.
La restitution de l’architecture de la porte et du minaret est remarquable. S’y ajoute ici la qualité du fleurissement avec une grande variété de compositions florales qui mettent en valeur tous les détails.






LES REINES DE SAUMUR 1955







Publication 5 mars 2023 / Mise à jour 5 mars 2025
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