Saumur – Défilés fleuris – Témoins et Témoignages

Pendant quatre décennies, les défilés fleuris ont attiré une foule nombreuse à Saumur au début de l’été.

Il ne reste de ce temps fleuri que des photos et des souvenirs. Il est tout aussi important de compiler et conserver les témoignages de celles et ceux qui ont vécu intensément ces moments de fêtes qui participaient à la cohésion sociale, tout en animant la ville entière.

Aux biographies des principales actrices et principaux acteurs des défilés fleuris s’ajoutent les témoignages des bénévoles dans les quartiers de Saumur, spectatrices et spectateurs, jusqu’ici restés souvent anonymes. 

Juste après la guerre (et plus tard…), c’était toujours la fête avant la fête. Plus tard, le fait de se réunir joyeusement autour des chars s’est longtemps préservé de l’intrusion de la télévision et autres médias.

Des soirs de fin d’hiver et de printemps, c’est souvent en famille que se préparait la fête. La fabrication des fleurs de toutes les sortes, la confection des costumes, la construction des chars réunissaient joyeusement grands et petits dans des hangars exigus et mal commodes.

C’est aussi en famille que Saumuroises et Saumurois assistaient au spectacle coloré qui s’offrait gratuitement dans les avenues et les rues de la ville. Trois générations se pressaient sur les trottoirs, sur les balcons (solides en ce temps-là), aux fenêtres assez larges pour deux ou trois, sur les marches et les pilastres du théâtre, parfois sur les parapets des ponts ou tranquillement sur les bancs des tribunes. Et les pompiers de service, qui protégeaient le défilé, se hissaient sur leur véhicule pour tout voir comme le public.

Grands-parents, parents, enfants, fiancés, jeunes mariés, chaque génération exprimait son point de vue sur la façon dont le thème de l’année était illustré. À quelques reprises, des grincheux ont critiqué ces défilés fleuris trop « classiques », trop « guindés » selon eux. Qu’ont-ils gagné quand cette fête a disparu ?

En effet, la belle machine bien huilée, qui s’était mise en marche en 1946 (et même avant la seconde Guerre mondiale), a vacillé quand les nouvelles générations n’ont pas pris le relais. Le monde avait changé. Les locaux des chars rares et vétustes qu’il fallait louer, l’absence de regroupement, un confort insuffisant, le manque de reconnaissance des bénévoles, la multiplication des loisirs ont contribué à freiner les ardeurs et l’assiduité des mains anonymes. Pourtant, dans l’Ouest, d’autres villes, par exemple Saint-Étienne-de-Montluc, Saint-Macaire-en-Mauges, l’île d’Yeu, sont parvenues à maintenir leur fête des fleurs avec moins d’habitants que Saumur.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *