1909 – Saumur – La Cavalcade

Saumur en fête du samedi au lundi, défilé du dimanche après-midi, formations musicales, groupes costumés, chars fleuris, reines, vendeurs ambulants, accueil et discours à la mairie, les festivités des 15 et 16 mai 1909 affichaient déjà le programme qui serait un jour celui des défilés fleuris après la seconde Guerre mondiale. Détail original et plein de panache : les commissaires en charge de placer les groupes et les chars et coordonner le défilé, caracolaient à cheval.

En 1910, Saumur compte environ 22 500 habitants. Son maire est le Docteur Joseph-Henri Peton (maire de Saumur de 1907 à 1914). C’est lui qui a remis à l’honneur le château quand la ville en a fait l’acquisition. 

En ce temps-là, les Saumuroises et Saumurois assistent en grand nombre aux fêtes locales, donc à cette cavalcade de mai 1909. S’y ajoutent les visiteurs venus par le train ou en voiture. L’Écho saumurois comptabilise 4849 visiteurs spectatrices et spectateurs descendus dans les trois gares saumuroises et plus de 520 venus avec le « Petit Anjou » ; un nombre total égal venu en véhicules hippomobiles et automobiles. C’est beaucoup de monde dans les rues de la Perle de l’Anjou (et beaucoup de chapeaux).

Le dimanche après-midi est l’apothéose d’une fête qui a commencé le samedi. Le dimanche 16 mai s’est éveillé sous les nuages et même la pluie. Au début de l’après-midi, le ciel s’éclaircit. C’est bon pour la cavalcade et pour le moral. Le rassemblement de la cavalcade s’effectue tout le long du boulevard de Saumur. (Il prendra le nom du Maréchal Ferdinand Foch en 1929). 

Ensuite, c’est le long cortège du défilé – la fête dans toute la ville. En ce temps-là, à Saumur comme ailleurs, le défilé effectue un long parcours du tout début de l’après-midi jusqu’en soirée. Tout le monde est sûr d’en profiter.

Une cavalcade ne saurait se passer de formations musicales. La musique municipale et la fanfare de l’École de Cavalerie sont de la fête. Le Monde de de ce temps-là n’a peut-être pas les mêmes dimensions que les nôtres aujourd’hui. Les musiques «étrangères» sont celles de Bagneux et Allonnes !

À Saumur, comme à Cholet lors de la mi-Carême, la cavalcade s’accomplissait en deux parties. La pause fraicheur, c’était lorsque les reines arrivaient au niveau de la mairie. Les musiciens, danseurs et autres accompagnants des chars en profitaient pour faire relâche dans les bars des bords de la Loire. Les chevaux n’étaient pas oubliés, mais sans bulles!

C’est donc l’entracte. Une délégation parisienne entoure la Reine de Paris, la reine des reines – Melle Augustine Orlhac. Elle précède la Reine de Saumur – Melle Cousin – dans la montée de l’escalier. Les reines et les personnalités sont accueillies dans la «salle des mariages» pour une longue séance de discours dityrambiques. Entre chaque prise de parole, les verres se lèvent, remplis de pétillants saumurois. L’Écho saumurois rapporte fidèlement, au mot près, les propos des personnalités. En 1909, les reines écoutent patiemment, mais elles ne s’expriment pas. Pendant ce temps, le public musarde dans les rues autour des marchands ambulants.

Quand tous les défilants se retrouvent pour la suite de la cavalcade, l’histoire ne dit pas si quelques uns titubent un peu. Heureusement, les chevaux connaissent les rues de Saumur et doivent savoir qu’il leur faudra rejoindre le point de départ en face de l’École de Cavalerie.

Mais les nuages et les averses reviennent longuement quand le défilé s’avance rue nationale. La foule s’éparpille. Il fallait bien que le ciel arrose à son tour les festivités. La cavalcade devait aller jusqu’à la Gare (rive droite) avant de revenir au centre de la ville. Si La fin du défilé fut épargnée, il fallut en accélérer et simplifier le retour…

Après la mairie, c’était l’Hôtel de Londres (rue Dacier) qui recevait avec faste tous les grands moments de l’histoire contemporaine de Saumur. Et qui dit banquet dit toasts avec échanges de félicitations flatteuses. Pour les 70 convives, le menu du dimanche soir 16 mai 1909 est copieux : potage Léopold, timbale Bontoux, filet de bœuf, poularde rôtie, petits pois à l’anglaise, salade, gâteaux napolitains. C’est vraiment beaucoup pour garder quelque légèreté pour le bal qui va suivre.

Pendant que tous les bénévoles bien fatigués -ce terme n’est pas d’actualité en 1909- vont mettre les chevaux à l’écurie et replient leurs costumes, les galantes et galants rejoignent la salle du théâtre où le parterre – comme à l’Opéra de Paris – devient pour une nuit un espace pour le bal qui va conclure les festivités. Le pire était redouté pour le parquet de la salle et celui des loges, mais ils tinrent bon !

Le bal s’achève à 5h du matin le 17 mai 1909. À ce moment-là, les rédacteurs des journaux ont déjà raconté, de manière très détaillée, les heures mémorables des deux jours précédents.

Comme toutes les grandes fêtes populaires de la fin du XIXe et du XXe siècles, cette cavalcade de 1909 à Saumur était aussi une fête de bienfaisance au cours de laquelle une quête sollicitait toute la ville, y compris les participants du banquet, une fête dont «Les pauvres béniront les heureux inspirateurs» (sic).


Sur Internet, les archives municipales ont mis à disposition du public, entre autres, l’ensemble de la collection des journaux « L’Écho saumurois ». Ce journal réunit des informations internationales, nationales, régionales et locales avec un grand souci du détail quand les photographies n’étaient pas insérées dans les colonnes des journaux. Cependant l’Écho saumurois fait état de l’empressement des photographes saumurois à fixer cette cavalcade sur la pellicule. Depuis 1909, beaucoup de clichés ont dû se perdre. Un grand merci à Yves Cornet et Colette Pelluaud qui ont préservé des documents photographiques ici présentés.




SAUMUR MÉMOIRES DE FÊTES

Rédaction C.P. – juillet 2026


Actualité

Avant la Seconde Guerre mondiale, à Saumur comme ailleurs, les chars étaient tractés par des chevaux. En 1962 et 1972, Saumur a connu deux défilés fleuris où les chevaux étaient à l’honneur. Saumur, ville du cheval, connaîtra-t-elle un jour une nouvelle fête populaire où les chevaux parcourront de nouveau ses quartiers historiques ?

2026 – Voici les Fêtes historiques de Biberach en Allemagne. Biberach der Riß est une ville (Kreisstadt) allemande dans le Land de Bade-Wurtemberg. Sa population est de plus de 32 000 habitants.

Retrouvez les défilés festifs depuis 1803 et Les festivals de Musiques militaires 1985 2019 dans Histoire de notre patrimoine.

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