Dragons et Compagnies

Des dragons et monstres dans l’Histoire des défilés fleuris et des Géants saumurois

Dans l’Antiquité, cet animal fabuleux, draco, était figuré sur les enseignes des légions romaines. C’était un repère (parmi d’autres) pour les soldats d’une cohorte, sous forme d’un serpent ailé aux pattes griffues.

En Occident, ces dragons vont prendre vie universellement dans les contes et les légendes et participer à la vie mouvementée des chevaliers et des fées. Dragons ou dragonnes, ces géants symbolisent à la fois des personnages tout-puissants et redoutés, presque invincibles, mais aussi les forces incontrôlables de la nature.

Bien que le même nom -dragons- leur fût attribué en orient, ces êtres fabuleux asiatiques sont vénérés en tant que gardiens des trésors et des demeures célestes quand d’autres contrôlent rivières, vents et pluies (Tianlong / Dilong / Fuzanglong / Shenlong). 

Ce ne sont pas seulement les auteurs de bandes dessinées (Simon Furman, Iwan Nazif, Bombos Georgiou…) mais aussi les carnavaliers de toutes les époques qui se sont emparés des dragons pour les animer sur leurs chars comme s’ils étaient vrais. Insolites, effrayants, souriants, serviables, robotisés, ils adoptent tous les styles.


Mai 2026 – Voici le plus récent des dragons saumurois. Il ne s’agit pas d’un char mais d’un ensemble de jeux pour les enfants, installé auprès du château.


Ce dragon rouge subsista et se montra dans de nombreux défilés tout en changeant de char, mais aussi de continent et d’appartenance culturelle.

Le 24 juin 1990, la première prestation de ce dragon, dessiné par Claude Hamelin, évoque le carnaval de Trinidad. L’une de ses dernières sorties, c’est le 1er juillet 2012. Le dragon de Saint-Lambert-des-Levées est désormais asiatique pour célébrer le nouvel an chinois parmi ses compatriotes vivant en France. (Fini le temps où les groupes accompagnant les chars étaient grimés pour s’identifier à des populations exotiques.)

Ce n’est qu’à la fin de l’année 2020 que ce dragon disparut définitivement, ne pouvant survivre au démantèlement des derniers chars saumurois.


Le Rossignol et l’Empereur de Chine – en danois « Nattergalen » – est un conte écrit par Hans Christian Andersen, paru en 1843 parmi ses Contes de Fées – « Eventyr fortalte for børn ».

Dans son palais de porcelaine, un empereur de Chine écoute avec émotion un vrai rossignol qu’il a capturé jusqu’au jour où il acquiert un rossignol mécanique qu’il finit par préférer à l’authentique chanteur. Le vrai rossignol est exilé. Mais la belle mécanique du faux oiseau se grippe et l’empereur de Chine se meurt de chagrin de ne plus entendre ses airs favoris. (Pas de dragon dans ce conte…)

En 1892, Jules Verne reprend ce thème dans « Le Château des Carpathes ». Ce sont l’image et la voix enregistrées d’une cantatrice disparue – la Stella- qui sont l’objet de la passion folle de son admirateur.

En juin 1981, le reptile mystérieux qui hanterait le Loch-Ness sous les brumes écossaises prend ici de la hauteur et semble vouloir voler dans un paysage aux couleurs vives, une image plutôt poétique. Ce monstre est accompagné par la formation musicale britannique de Warwick, ville jumelée avec Saumur.


En 1979, le comité des fêtes de Nantilly présente « Peter et Elliott le dragon ». Il s’agit d’une évocation du trentième long métrage des studios Walt Disney. Ce film mêle prises de vue réelles et animation. Film réalisé réalisé par Don Chaffey dans les salles en 1977. Ce scénario a fait l’objet d’une nouvelle adaptation en 2016.

L’action se passe au début du xxe siècle à Passamaquoddy, petite ville de Nouvelle Angleterre. 

Dans cette histoire en forme de comédie musicale, le dragon est un être censé invisible. Il ne l’est pas pour le jeune Peter qu’il aide au cours de différentes aventures. Elliott apporte même son secours à tout un village. Puis il s’envole vers d’autres cieux pour secourir un autre enfant.


Thème biblique en 1974 pour le quartier des Ponts. Un long serpent envoûteur et diabolique fait face à la jeune femme (la reine du quartier des Ponts 1974 qui s’identifie ici à Ève). Ève a deux sœurs sur le char, dont la Genèse et la tradition picturale ne font pas mention! 

Sur ce char, le serpent luit sous le soleil d’autant qu’il n’est pas fleuri mais constitué de feuilles métallisées. Ève se tient à l’ombre d’un arbre étrange dont les branches partent en éventail et soutiennent de gros fruits défendus: de drôles de pommes qui ressemblent aussi, pourquoi pas, à des oranges ou des noix de coco…


Le conte La Belle et la Bête, a été publié en 1756 après avoir connu une première version en 1740 par Gabrielle-Suzanne de Villeneuve.

Ce conte a fait l’objet de nombreuses adaptations au cinéma, dont La Belle et la Bête de Jean Cocteau en 1946.

C’est en 1991 que les studios Disney produiront la version film d’animation – de Gary Trousdale et Kirk Wise.

Et sur ce char voici le personnage emmorphosé du conte en compagnie de la Belle et ses deux sœurs sans aucune jalousie.

Défilé fleuri 1971


Le nom du char est un jeu de mots sur le titre du conte La Belle et la Bête.  

Sur ce char de Saint-Hilaire – Saint-Florent de 1965, trois belles ont pris place… 

Le monstre reptilien qui jaillit de l’eau évoque à coup sûr l’antédiluvien locataire mythique du Loch-Ness. Oublié le personnage emmorphosé du conte La Belle et la Bête. D’ailleurs la base du char est de style tartan écossais.

Une question fit jaser tout au long du défilé fleuri 1965 : l’une des tourelles du char étant incomplète, avait-elle été volontairement ainsi conçue ou s’agissait-il des conséquences d’un incident de dernière heure ?

Ce char participa à la fête de la Saint-Michel à Angers en septembre 1965. Il revint à Saumur un peu plus tard, par la route, tout démorphosé !


Conte de Wilhem et Jacob Grimm, Die vier kunstreichen Brüder.

Un père envoie ses quatre fils en apprentissage dans le monde. Le premier devient voleur, le second chasseur, le troisième apprend le métier d’astronome, le quatrième apprend le métier de couturier. 

De retour chez leur père, celui-ci les met à l’épreuve. Chacun revendique avoir les meilleures aptitudes. C’est alors que la fille d’un roi est enlevée par un dragon. Grâce à leurs talents, les quatre fils délivrent la jeune fille et chacun veut l’épouser. Mais leur père préfère leur distribuer des terres, évitant ainsi une querelle sans fin. 

Le char représente le moment où le dragon attaque l’embarcation sur laquelle se trouvent les quatre frères et la jeune fille qu’ils ont délivrée. Le chasseur va viser juste et abattre le dragon.


Dans l’Ouest, récents Dragons fleuris

  • Carnaval de Ploërmel – 3 mai 2026
  • Fête des fleurs de Saint-Macaire-en-Mauges – 24 / 25 mai 2026
  • TV Ouest (photo d’écran)
  • Courrier de l’Ouest – 31 mai 2026

Actualité

Avant la Seconde Guerre mondiale, à Saumur comme ailleurs, les chars étaient tractés par des chevaux. En 1962 et 1972, Saumur a connu deux défilés fleuris où les chevaux étaient à l’honneur. Saumur, ville du cheval, connaîtra-t-elle un jour une nouvelle fête populaire où les chevaux parcourront de nouveau ses quartiers historiques ?

2026 – Voici les Fêtes historiques de Biberach en Allemagne. Biberach der Riß est une ville (Kreisstadt) allemande dans le Land de Bade-Wurtemberg. Sa population est de plus de 32 000 habitants.

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